Très souvent présente dans les relations d’affaires ainsi qu’entre collègues, la séduction vient teinter, biaiser ou adoucir diverses situations professionnelles. En effet, certains l’utilisent pour obtenir ce qu’ils veulent, d’autres l’oblitèrent le plus possible pour ne pas être targués de manipulateurs et enfin, plusieurs essaient simplement de plaire pour ne pas être rejetés, oubliés, mis de côté. La séduction peut revêtir bien des formes et demeure encore et toujours d’actualité. Avec l’apparition de la série Lie to me, la synergologie a connu une popularité grandissante. Or, bien des gens demandent, plus ou moins subtilement, si cette discipline scientifique permet de séduire davantage, de conquérir, devrais-je dire, plus de partenaires afin d’obtenir un plus grand nombre de rendez-vous galants ou des prospects de «meilleure qualité».

J’entends déjà quelques personnes s’écrier que la séduction n’a pas sa place dans le milieu professionnel. Allons donc! Là où il y a de l’humain, il y a de l’humainerie! Les relations d’affaires ne sont pas exemptes de mécanismes de défense, de dynamiques particulières de fonctionnement et de stratégies de communication. La séduction est un jeu pour certains, un façon de se protéger pour d’autres, une manière d’être pour quelques uns, un trait de personnalité, une aptitude utilisée avec parcimonie ou non dont l’efficacité varie beaucoup.

Évidemment, une séduction qui n’est pas reliée à de réels sentiments d’attirance crée des incohérences non verbales visibles pour un œil averti. Il ne s’agit alors pas de «vraie séduction», mais bien d’une attitude actée. Rappelons quelques principes de base. L’hémisphère gauche du cerveau est actif dans le contrôle, la structure, l’organisation des idées, la logique, l’analyse, le rationnel et cet hémisphère contrôle la partie droite du corps.

L’hémisphère droit est intuitif et actif dans le lien entre les idées et avec les autres, dans l’abstrait, les concepts, l’émotion et la créativité. Il est plus habile à traiter la communication non verbale. Cet hémisphère contrôle la partie gauche du corps.

Il est important de savoir que, du point de vue neuropsychologique, de nombreuses recherches ont démontré la prépondérance de l’hémisphère cérébral droit (qui gère la partie gauche du corps) dans l’expression faciale des émotions. Le « visage droit » correspond donc à la logique, au contrôle du discours. Il témoigne des émotions que l’on veut afficher publiquement. Le « visage gauche » témoigne de l’émotion réelle. Il est plus expressif.

Les émotions feintes n’activent pas les mêmes zones cérébrales ni les mêmes parties du visage que les émotions réelles . En effet, quand il s’agit d’une simulation d’émotion, l’hémisphère gauche est actif et tente de contrôler les réactions. Lors d’une émotion spontanée, les deux côtés du visage réagissent et collaborent à l’expression émotionnelle. Or, adopter une expression entraîne les changements physiologiques qui accompagnent habituellement l’émotion réelle . Ainsi, l’action de sourire pousse le cerveau à déclencher les réactions neurophysiologiques du bonheur.

Donc, logiquement, dans une séduction, c’est surtout le côté gauche du corps qui s’active. Plusieurs signes sont visibles :

 La personne joue dans ses cheveux, replace une mèche en tirant la pointe vers vous et en orientant sa paume vers vous dans un geste détendu.
 La personne avance son épaule gauche vers vous et fait des mouvements vers vous.
 La main gauche est active quand la personne parle, les poignets sont détendus, les gestes sont fluides. Elle garde les mains ouvertes dans votre direction.
 La personne exécute de lents mouvements de rotation de la cheville.
 La personne penche la tête sur sa gauche et sourit beaucoup en tentant d’impliquer les muscles autour des yeux. Elle cligne des yeux.
 La personne mordille sa lèvre inférieure, passe sa langue dessus, y pose un doigt.
 La personne a des gestes d’autocontact, d’autocaresse.
 La personne croise ses jambes vers vous.

Axe rotatif gauche
Évidemment, si l’attitude est actée, la personne voudra s’assurer que vous «entrez dans son jeu». Elle risque donc de se mettre, le plus subtilement possible, dans un mode de vigilance pour surveiller si vous la croyez. Il est alors très probable qu’elle vous regarde avec un axe rotatif droit, c’est-à-dire qu’il y a une petite rotation de la tête, très légère, faisant en sorte que c’est le côté droit de son visage qui soit orienté vers vous. Pour bien identifier cet angle, il suffit de regarder les oreilles. Ainsi, si vous voyez mieux l’oreille droite que la gauche, vous avez devant vous un bel axe rotatif droit. Entendons-nous, on parle de l’oreille droite de la personne, pas de votre droite à vous. En mode séduction réelle, c’est donc un axe rotatif gauche qui devrait se présenter.

Vrai sourire
Autre signe fort intéressant, c’est le sourire. Un vrai sourire entraîne l’apparition de petites pattes d’oies parce que le muscle qui entoure l’œil s’active. L’espace entre les deux paupières, appelé la fente palpébrale, remonte. Les joues sont bombées par la contraction des muscles peauciers. En d’autres termes, les pommettes ressortent. Les incisives supérieures et inférieures sont exposées.

Microcaresse
Un item très présent dans une situation de séduction est la microcarese. Il s’agit d’un geste doux exécuté sur son propre corps par une main ou un doigt, sur le visage, le bras, la cuisse, le bas du dos, le ventre, etc. Le geste peut témoigner d’un désir inconscient de prodiguer cette caresse à l’interlocuteur. Il arrive qu’il sert d’autogratification et de moyen de réconfort personnel (en situation de stress ou de malaise, par exemple). Il peut avoir un trait plus narcissique d’autosatisfaction. Comme le mentionne Philippe Turchet , la direction que prend la microcaresse permet de savoir si la personne souhaite se rapprocher de vous (mouvement vers vous) ou si elle aimerait que vous vous rapprochiez d’elle (mouvement vers elle).

Position assise avant gauche
D’apparence anodine, la position assise est une clé synergologique très utile. En effet, la façon de se tenir sur une chaise lors d’une conversation traduit bien l’attitude intérieure d’un individu. En mode séduction, la personne opte habituellement pour une position avant gauche. Elle est alors présente au niveau du lien à l’autre, mais le discours est moins important, moins affirmatif, l’argumentation est moins solide. Nous sommes dans le lien avec l’autre.

Séduction actée
Une séduction actée, donc qui n’est pas liée à une véritable d’attirance entraîne des incohérences. Il y a non seulement de la vigilance, mais aussi un certain «contrôle» du discours. Ainsi, la personne fait attention à ce qu’elle dit et à ce qu’elle fait. Des signes peuvent apparaitre : des poignets qui ne sont pas aussi détendus qu’ils le devraient, une main gauche qui devient inactive ou cachée, une bouche qui se referme rapidement à la fin des phrases, un œil plus petit que l’autre, etc. Résultat ? Ce ne sera pas naturel du tout et vous allez avoir l’impression que votre conquête est complètement timbrée ! L’authenticité et la sérénité demeurent les meilleures alliées. Être vraiment bien dans sa peau et être soi-même, voilà la clé !

Dans le prochain article, je traiterai des gestes que l’on fait avec les objets autour de soi : verre d’eau, tasse, crayon, etc.

Annabelle Boyer, CRHA, M.Sc. Administration, synergologue, génagogue